Justin-Roy Dupuis

 
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Famille, amitié, courage, liberté…

Justin aimait la vie, il aimait les gens. C’était un rassembleur conciliant, autant dans sa famille que dans son immense cercle d’amis. Ses proches disent de lui qu’il surfait sur la vie, tout simplement : il avait choisi le bonheur.

Une âme d’artiste

Tout jeune, Justin est attiré vers les arts. À Sainte-Agathe-des-Monts, il est inscrit dans des concentrations en arts, puis en musique à l’école primaire et à l’école secondaire. Il y apprend le piano, la basse et le cor français.

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Justin aime surtout chanter, en fait son instrument préféré, c’est sa voix. À  l’école secondaire, il est reconnu pour être celui qui met de l’ambiance dans l’autobus. En route pour les compétitions d’harmonie de Saint-Jovite, à Sherbrooke, il chante pendant tout le trajet. Son amour de la musique ne fera que croître avec l’âge, allant du Gospel au chant grégorien, en passant par Metallica, Green Day, Bernard Adamus, les Colocs et Elvis Presley.

À dix ans, il peint des natures mortes. Puis, il évolue vers l’abstrait. Il s’adonnera à ce passe-temps jusqu’à la toute fin de sa vie.

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Déménagé à Montréal juste à temps pour entamer sa formation au Collège Gérald-Godin, dans l’Ouest-de-l’Île, en 2006, il découvre la métropole et s’émerveille de tout. Pour lui, Montréal est un grand terrain de jeu où il peut assouvir sa curiosité naturelle : une source intarissable de découvertes. Une nuit, il appelle sa mère, à deux heures du matin, pour lui dire, plein d’enthousiasme : « Connais-tu ça, Saint-Viateur Bagel  ? »

Même s’il a une vraie passion et un don pour les arts, Justin s’inscrit à l’École polytechnique en prévenant bien sa mère qu’il y va autant pour étudier que pour s’amuser. Il y a trouvé ce qu’il cherchait, une combinaison entre les études et les amis. Il conjugue sa passion pour le génie géologique avec les partys, la vie étudiante et ses amis. Ceux-ci se transforment rapidement en sa deuxième famille et la Polytechnique, sa deuxième maison. Ses déguisements sont devenus légendaires. Que ce soit en licorne, en micro, en rouleau de papier de toilette ou en douche, Justin ne laissait personne indifférent.

Les projets les plus fous ne lui font pas peur, au contraire, comme le prouve cette idée de voyage d’études avec ses collègues de génie géologique à Hawaï pour y analyser les failles volcaniques en 2011. Justin a la capacité de persuader les gens de le suivre pour accomplir des choses qui semblent impossibles. Ce voyage avec ses collègues étudiants est l’un des plus beaux souvenirs de sa vie.

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Après avoir obtenu son diplôme en 2013, il travaille pour une firme d’ingénierie qui correspond à ses valeurs, Golder International. Il s’y sent chez lui. Justin est prêt à retourner travailler en cuisine en attendant qu’un poste s’ouvre plutôt que de travailler ailleurs que chez Golder. L’entreprise et ses collègues deviennent, aux yeux de Justin, beaucoup plus qu’un simple boulot. Ils rallient les rangs de la grande famille que Justin s’est formée au fil des ans.

Même après l’obtention de son diplôme, l’université reste, malgré tout, très présente dans la vie de Justin. Il demeurera parrain pour des équipes qui participent au Jeux du Génie pendant trois ans (2013-2014 et 2015). En 2016, le comité organisateur des Jeux de Génie lui décerne le prix : « notre héros », en référence à son courage et à sa volonté de vivre.

Des combats

En mai 2014, la vie de Justin dévie quand il note l’apparition d’une petite bosse à sa jambe droite. C’est un ostéosarcome qui grossit de plus en plus. Après l’avoir ignoré, Justin se résout à consulter un médecin en janvier 2015. Il est tard, l’ostéosarcome a provoqué des métastases aux poumons. On lui donne 45 % de chance de survie. Il a 25 ans.

Justin entre dans cette phase de sa vie avec la même attitude qui l’a guidée depuis sa naissance. Il est optimiste et se soumettra à tous les traitements de chimiothérapie, même s’il en souffre beaucoup. Après tout, 45 % de probabilité de s’en sortir, c’est jouable. Il est jeune, il est fort, sa famille et ses amis le soutiennent. Pour lui, la vie ne s’arrête pas, elle prend une autre direction et il affrontera ce défi avec une vision résolument positive.

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Lors de ses traitements au Centre universitaire de santé McGill, sa famille et ses amis l’accompagnent toujours. Ils apportent un mini-frigo, sa console de jeux vidéo, ses guitares et même ses trois repas par jour. Ce n’est pas pour rien qu’à la fin de sa dernière chimio, il se fait tatouer ces mots sur le bras gauche : Famille, Amitié, Courage, Liberté.

En août 2015, Justin puise dans ses énergies et décide de partir avec sa mère en Louisiane, un état terriblement pauvre, mais riche de toutes les musiques métissées. À la Nouvelle-Orléans, il assiste à une messe gospel qui lui fait dire que c’est la plus belle chose qu’il a vue de sa vie. Dans les bayous, il va à Avery Island visiter la fabrique de Tabasco, les marais et les alligators.

À son retour, sa jambe gauche est de plus en plus douloureuse. En octobre, il faut l’amputer au-dessus du genou. Peu importe, c’est encore avec optimisme et un brin d’orgueil qu’il se met en tête de se remettre à marcher rapidement avec une prothèse.

Il y parvient sans peine grâce, entre autres, à l’aide de l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de-Montréal.

La Régie de l’Assurance-Maladie du Québec lui octroie une prothèse de base qui rend difficile l’accomplissement de ses activités à l’extérieur de son appartement. En outre, comme ingénieur géologue, il aspire à retourner sur le terrain pour travailler.

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Justin se lance alors dans un autre combat : une collecte de fonds pour acquérir une jambe artificielle d’une valeur de 100 000 $. En janvier 2016, il forme, avec sa grande sœur Chloé et d’autres partenaires, le comité « Un pied devant l’autre, c’est la vie ». Les médias s’intéressent à son histoire d’autant plus qu’on apprend que ce sont des règles administratives qui l’empêchent d’obtenir sa jambe. Ses efforts lui permettent d’amasser une somme importante qui lui donne la possibilité de  s’offrir une meilleure qualité de vie et de réaliser certains de ses rêves.

Mais c’est trop peu, trop tard, car, malgré les chimiothérapies, les métastases au poumon ne sont pas disparues.

Un pied devant l’autre, Justin Roy-Dupuy a avancé dans la vie et, le 6 mai 2016, comme une étoile filante, il a pris son envol.

Justin disait : « Ne pleure pas pour moi, vit pour tout ce que je ne peux pas vivre. »

Voilà la personne qu’il était.

Pour honorer le souvenir de cet être lumineux, sa famille a organisé une cérémonie au Cosmodôme de Laval. Plus de 300 personnes s’y sont présentées. Elles y ont vu les toiles, les guitares, les photos de Justin, et même des caleçons boxers et des chandails qu’il avait créés comme outils promotionnels des Jeux de Génie. On a célébré la vie de Justin.

Sur une immense photo, il accueillait ses proches dès l’entrée et, pour une dernière fois, ils ont pu entendre sa voix chantant « In the Summer Time » de Mango Jerry, sa chanson préférée au Karaoké.

« In the Summer Time » résume bien Justin : un jeune homme facile à vivre, qui avait cette qualité d’embrasser l’existence avec ses aléas et ses beautés. « La vie est faite pour être vécue, c’est notre philosophie », dit cette chanson.

Hommages

Mon ange,
Qu’est-ce que je pourrais te dire, il n’y a pas de mots…
Il y a juste un énorme vide dans mon cœur. Mais je suis certaine que ta présence, ta musique, ton âme, ils vont remplir mon cœur à chaque fois que je penserai à toi. Juste un grand merci, parce que tu m’as montré la signification du mot « courage ». Tu as marqué ma vie, et tu l’as changée. Je te promets que chaque jour de ma vie va être un hommage à toi, à ton intelligence, à ton courage et à la vie.
Je t’aimerai pour toujours
Héléna Aveila

Justin, tu seras toujours une source de motivation pour tous ceux qui aiment la vie!
Colette 

Il me manque les mots…
Courage, amour, bonheur…
Les mots qui me font penser à toi. Je connais peu de gens aimés à ce point. Ta vie a été courte mais plus remplie que plusieurs …
Garde un œil sur Vincent !
Anne

Mon bébé Just,
Les mots me manquent pour résumer l’homme merveilleux que tu étais! Comment j’aimerais te revoir une dernière fois, te voir rire et sourire! Je garderai longtemps en tête la dégrise de la CQI! Te voir chanter comme un déchainé! Mille et un souvenir se bousculent dans mon cœur! Je vais garder mon grand sourire que tu aimais tant, profiter de la vie… Comme tu nous l’as si bien montré! Je t’aime.

MPF

Justin,
Tu m’as marqué avec ton sourire et ton énergie. Le local de géo sera toujours ta maison (deuxième maison). Tout le monde de génie géo se souviendra de toi. Et comme d’autre le disent ton aura plane dans le local et à la poly. À jamais tu seras mon inspiration de joie de vivre!
Sophie

Hey mon chum,
Pourquoi est-ce que le party a fini aussi vite?
Pourquoi es-tu parti?
Je retiens de toi ta faculté à faire sentir les gens qui t’entourent unique et incroyables! Tu avais tant d’amour à donner et les gens t’aimaient autant! À tous ces jams qu’on aurait pu avoir! Je fais la promesse de jouer de la guit comme si tu étais là sur le stage!
Félix

Salut Just!
Avec tous les années à poly et tous les moments magnifiques que tu m’as fait passer, tu resteras à toujours avec moi et je vais tout faire pour vivre autant que toi tu aurais pu le faire. Tu vas me manquer et rien ne peux te remplacer et je ne veux même pas te remplacer. Je me considère chanceux d’avoir eu tous ses moments avec toi. Je me ferai un plaisir de jouer tes « decks » pour toi! Je t’aime et j’espère avoir la chance de te recroiser avec les étoiles!
Vincent

Cher Justin,
Ton bref passage dans ma vie aura été mémorable. Ta joie de vivre, ton courage et ton énergie, je te promets que je m’en souviendrai pour le reste de ma vie et de ma carrière pour la recherche sur le cancer!
Marjorie

L’homme avec qui on pouvait tous faire. Justin, tu faisais pousser des ailes à tous. Je n’oublierai jamais ton passage dans ma vie. Dire que les mots me manque serait trop peu. Ta vie est une inspiration pour tous. Continue d’éclairer tes amis, tes proches mais surtout ta famille. Celle qui a démontré tant de force.
Je t’aime mon vieux
Mathieu

Cher Justin,
Je remercie la vie que nos destins se soient croisés. Je vais toujours me rappeler de cette soirée bien arrosée où nous avons fêté ensemble. Ta joie de vivre, ton optimisme, ta facilité pour le bonheur… et surtout ta force et l’espoir que demain sera un jour meilleur!
Tu resteras à jamais gravé dans mon cœur.
On se revoit un de ces quatre.
D’ici là je t’embrasse et souhaite que là-haut ça fête en masse!
Daphné

Salut Just,
Je peux vraiment dire que tu es une des personnes qui a eu le plus d’impact sur la personne que je suis devenue. À tes côtés, j’ai évolué beaucoup et j’ai tant appris sur la valeur de l’amitié, sur la vie et comment en profiter. Dans les derniers moments, c’est ta résilience et ta détermination dans ton combat contre le cancer qui m’ont impressionné et vont continuer de m’inspirer pour longtemps!
Il n’y a pas longtemps, je suis passé devant un cadre chez moi qui dit : « live everyday as if you would die tomorrow ». Ça m’a fait penser à toi et je me suis dit que même Gandhi serait fier de t’avoir vu à l’œuvre! Je suis comblé d’avoir pu te rencontrer et d’avoir parcouru ce bout de chemin mémorable avec toi.
Pour le moment j’ai ton sourire, ta joie de vivre et ton exemple dans mon pack-sac, c’est les plus belles choses que t’aurais pu me laisser.
Je t’aime
Laurent

Justin Roy-Dupuy | 22 mai 1989 - 6 mai 2016

Père : Pierre Dupuy
Mère : Marielle Roy
Frère : Nicolas Tousignant
Sœurs : Julie Tousignant, Chloé Roy-Dupuy

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