Bousculer la tradition

C’est bien connu, Facebook est à la fois ce grand village, le nouveau perron de l’église, le café du coin et la commère qui rapporte des informations plus ou moins vérifiées.

Peu importe l’usage que l’on en fait, le réseau social bouleverse nos manières de communiquer et ce, jusque dans les derniers moments de notre vie. C’est ainsi que l’on a vu apparaître il y a quelques années des avis de décès sur notre fil d’actualité.

Des publications qui touchent les gens 

Annoncer la mort d’un proche sur Facebook est une pratique qui n’est pas près de s’essouffler, affirme Caroline Cormier, Stratège en marketing d’influence.

« Plus on avance en âge, plus on va voir passer des avis de décès sur Facebook. On y voit même des amis annoncer une mort imminente. Ces publications touchent les gens plus que n’importe quel contenu. Ça vient chercher l’humain en nous qui nous rappelle que la vie est courte », explique-t-elle.

Non seulement le réflexe d’annoncer un décès sur Facebook est de plus en plus courant, mais d’un point de vue marketing d’influence les résultats suscités par ces publications sur les médias sociaux pourraient rendre jalouses les grandes marques de ce monde, croit Caroline Cormier.

Celle qui décortique les médias sociaux et s’intéresse aux phénomènes d’influence depuis leurs débuts constate que l’impact d’un avis de décès publié par un nano-influenceur, soit monsieur et madame tout le monde, suscite beaucoup plus d’engagement que les publications d’un influenceur numérique traditionnel.

« Cela s’explique par le fait que l’annonce d’un décès n’est pas une campagne de marketing. Celui qui partage la nouvelle ne le fait pas dans un intérêt monétaire mais suscite énormément d’engagement car le pouvoir du nano-influenceur entre en jeu », ajoute-t-elle.

L’ancêtre de Facebook

Il y a une quinzaine d’années, un ami à moi s’était mis dans la tête de remplir à pleine capacité le salon funéraire où était exposé son vieux pote décédé.

Déterminé à lui offrir un hommage à la hauteur de sa peine, mon ami a réussi haut la main son objectif. Des centaines de personnes s’étaient déplacées.

Pour réussir ce tour de force, mon ami avait pris un bon vieux téléphone et son carnet d’adresses. Il s’était armé de patience et il avait appelé une à une, chaque personne, pour leur annoncer le décès de son ami Vincent.

C’était avant Facebook. En ces-temps-là, quelques lignes et un clic de souris ne suffisaient pas pour partager la nouvelle d’un décès.

Caroline Cormier est stratège en marketing d’influence, elle a plus de vingt ans d’expérience en technologies de l’information. Elle se passionne pour l’innovation et s’est spécialisée en marketing numérique sur les réseaux sociaux. C’est ainsi qu’elle a fondé Plik, une application web contenant une base de données de plus de 2400 influenceurs.

Pour rejoindre Caroline Cormier visitez Plik

Isabelle Maher